La manufacture de porcelaine
Un seul chemin pour entrer, le même pour sortir. L’entrée a été facile, mais notre exploration, qui s’éternisait, a été interrompue par le déclenchement inattendu d’une alarme : une partie du bâtiment est toujours sous tension. Dans le silence de ce vaste bâtiment, seuls deux bruits se faisaient entendre : le craquement bruyant de la poussière sous nos semelles et le bruissement des ailes des pigeons, qui règnent désormais en maîtres ici.
À l’intérieur, tout est resté pratiquement intact. Les halls de production, recouverts d’une épaisse couche de fine poussière blanche – sans doute du kaolin –, donnent l’impression que la production s’est arrêtée hier. Les bureaux, bien qu’enfouis sous les traces du temps, ont conservé leur forme : tables, chaises, documents. Un étrange mélange de calme et de tension imprègne les pièces.
Cette manufacture de porcelaine, aujourd’hui abandonnée, n’a pas survécu aux conséquences de la crise du Covid. Mais avant cela, un autre chapitre de son histoire s’était écrit : autrefois, on y trouvait une vaste cour dotée de sa propre brasserie et de son auberge. Autrefois lieu de vie sociale, de bals et de représentations théâtrales, il devint plus tard un arrêt pour les premiers autocars longue distance. Pendant l’entre-deux-guerres, l’ensemble du site fut reconverti à un usage industriel, qui, avec diverses modifications, s’est maintenu jusqu’à un passé récent.